Extrait de l’étude française publiée dans la revue scientifique Frontiers in behavioral neuroscience le 27 avril 2022
Note de l’AFFA
Nous déplorons le peu de relais médiatique à la sortie de cette étude française. Certains sites ont repris les grandes lignes de l’étude mais sans creuser le sujet, sans parler des mécanismes des violences, ni des conséquences psychotraumatiques, sans parler de l’urgence d’accompagnement ou de soins, sans remettre en question ni le système institutionnel médico-social, ni les familles, ni l’école, encore moins la société ou son incapacité à inclure et protéger les plus vulnérables.
Quand même des chiffres démontrent l’ampleur du désastre, il semblerait que cela ne suffise pas…

« Les 2/3 des victimes (ndlr : des femmes diagnostiquées autistes) étaient très jeunes lorsqu’elles ont été agressées pour la première fois :
- sur 199 victimes, 135 avaient 18 ans ou moins
- sur 199 victimes, 112 avaient 15 ans ou moins
75 % des participantes inclues dans l’étude ont rapporté plusieurs agressions. Les analyses indiquent que se faire agresser une première fois était fortement corrélé au fait que cela puisse se reproduire ensuite, et que le fait d’être jeune augmentait ce risque. Les jeunes victimes étaient également plus à risque de développer un trouble de stress post-traumatique.
Concernant les signalements et poursuites juridiques :
- 1/3 des victimes ont signalé l’agression
- 25 % d’entre elles ont pu porter plainte et/ou recevoir des soins
- Pour les 75 % restants, le signalement n’a donné lieu à aucune action. »
L’étude aborde des questions comme l’âge moyen de la première agression, les agressions répétées par un ou plusieurs agresseurs, s’il s’agit de la même personne ou non, la description détaillée des stratégies utilisées par les prédateurs selon le type d’agression, les conséquences de la ou des agression(s) après 6 mois, les signalements et les poursuites lorsqu’il y en a.
L’étude émet ensuite 6 hypothèses issues des données collectées et ouvre une discussion.
Pour aller un peu plus loin, voici le début d’un bon article paru le 5 mai 2022 sur le site informations.Handicap.fr, rédigé par Cassandre Rogeret
9 femmes autistes sur 10 disent avoir subi des violences sexuelles, souvent à plusieurs reprises et avant 15 ans. Une nouvelle étude française dénonce ces violences systémiques, espérant contribuer à améliorer la prévention et les traitements dédiés.
Une femme sur trois serait victime de violences sexuelles. Ce chiffre bondit à neuf sur dix en cas d’autisme, soit trois fois plus. Des violences perpétrées, pour la plupart, à plusieurs reprises et qui débutent particulièrement jeune, pointe une étude française publiée dans la revue scientifique Frontiers in behavioral neuroscience le 26 avril 2022. « Cette enquête démontre, encore une fois, que le cumul de vulnérabilités est un facteur important dont l’agresseur sait se saisir », explique Marie Rabatel, présidente de l’Association francophone de femmes autistes (AFFA), qui se réjouit que ce problème de société majeur fasse « enfin » l’objet d’une étude de taille. « Nous évoquons ce chiffre depuis des années mais cela n’a jamais semblé inquiéter personne… », déplore-t-elle. Une mise en lumière nécessaire pour améliorer la sensibilisation générale aux violences sexuelles et, in fine, la prévention et la prise en charge dédiées.
Des difficultés d’interprétation
« Nous sommes dans une société aux yeux bandés ! », dénonce Marie Rabatel, qui fut elle-même victime de viol. Alors 225 femmes autistes ont répondu à un questionnaire en ligne pour tenter de lui ouvrir les yeux… « Lorsque nous avons commencé l’étude, les recherches étaient encore rares sur ce sujet spécifique, qui était néanmoins très discuté au sein de la communauté autiste, affirme sa coauteure, le Dr Fabienne Cazalis, du pôle sciences sociales du Centre national de la recherche scientifique (CNRS-EHESS). C’est cette communauté qui a attiré notre attention sur l’importance de l’étudier. » La spécificité de cette étude ? Deux méthodes d’identification, via une question ouverte puis des questions spécifiques. Alors que 68,9 % des participantes identifient les violences sexuelles qu’elles ont subies, elles sont en réalité 88,4 % à en avoir été victimes. Cet écart révèle notamment…
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